La deeptech Sonomind annonce un tour de série A de 20 millions d’euros pour lancer les essais cliniques de son traitement par ultrasons contre la dépression résistante.
Fondée en septembre 2025, Sonomind cible les 30 à 50 % de patients dépressifs pour lesquels les traitements actuels restent sans effet. La startup propose une alternative basée sur des ultrasons focalisés de faible intensité, appliqués sans chirurgie ni implant sur les structures profondes du cerveau. Une lentille acoustique personnalisée permet de stimuler les zones impliquées dans les troubles psychiatriques, avec des séances réalisables sans hospitalisation.
Le tour de table a été mené par Critical Path Ventures, fonds spécialisé dans les technologies scientifiques de rupture, et Bpifrance via les fonds French Tech Seed et Deep Tech 2030, dans le cadre de France 2030. Cette levée fait suite à un premier tour d’amorçage de 3 millions d’euros en 2025, qui avait réuni 2 millions en capital apportés par Critical Path Ventures et 1 million de financement public. La jeune pousse a ainsi levé 23 millions au total depuis sa création.
Des essais randomisés dès 2026, autorisation en 2029
AMI Labs, startup IA de Yann LeCun, entre au Next40 après une levée de 890 millions en mars
L’argent frais servira à démarrer la phase clinique selon les standards les plus stricts : essais randomisés, en double aveugle, multicentriques[1]. L’objectif affiché est d’obtenir le marquage CE européen et la certification FDA américaine d’ici 2029. Jérémy Bercoff, cofondateur et président de Sonomind, affirme que l’entreprise examine également la possibilité d’adresser le marché asiatique[3].
La technologie repose sur 25 ans de recherche menée à l’Institut Physique pour la Médecine (Inserm, ESPCI Paris, PSL, CNRS) par les professeurs Mickael Tanter et Jean-François Aubry. Les premiers résultats cliniques, réalisés à l’hôpital Sainte-Anne (GHU Paris Psychiatrie et Neuroscience), ont été publiés en 2025 dans la revue Brain Stimulation. Ils montrent une réduction de plus de 60 % de la sévérité des symptômes après cinq jours de traitement consécutifs, sans effet indésirable significatif rapporté.
Prix Marcel Dassault et reconnaissance scientifique

En décembre 2025, Sonomind a reçu le Prix Marcel Dassault pour l’innovation en santé mentale, décerné par la Fondation FondaMental et le Groupe Dassault[4]. Cette distinction s’accompagne d’un soutien financier et d’un accès au Lab’FondaMental, réseau qui met en lien chercheurs, cliniciens et experts de l’innovation pour accélérer le développement et l’évaluation de nouvelles solutions en psychiatrie.
WhatsApp ajoute le @all dans les groupes : ping général pour tous, admins seuls dans les gros canaux
« Aujourd’hui, une personne dépressive sur trois ne répond à aucun traitement disponible. Nous refusons de considérer cela comme une fatalité. Avec les ultrasons focalisés, nous pouvons leur offrir une alternative réelle : non invasive, précise et efficace », déclare Jérémy Bercoff[1]. Le physicien a passé quinze ans chez SuperSonic Imagine, spécialiste de l’imagerie par ultrasons, avant de cofonder Sonomind.
| Date | Opération | Montant | Objectif |
|---|---|---|---|
| 2025 | Amorçage | 3 M€ | Développement de la plateforme technologique |
| Mai 2026 | Série A | 20 M€ | Essais cliniques randomisés |
| 2029 | — | — | Marquage CE et certification FDA |
Source : Sonomind
Pourquoi cette levée compte pour la santé mentale
Une plateforme extensible à d’autres pathologies
Au-delà de la dépression résistante, la technologie développée par Sonomind présente un potentiel d’application sur d’autres pathologies neurologiques et psychiatriques : anxiété, addictions, maladie de Parkinson, tremblements essentiels, récupération post-AVC, douleurs chroniques[1]. Cette modularité pourrait élargir le marché adressable une fois les premières autorisations obtenues.
L’Organisation mondiale de la santé estime que 330 millions de personnes souffrent de dépression dans le monde, ce qui en fait la première cause de handicap[5]. Pour 30 à 50 % d’entre elles, les traitements classiques (antidépresseurs, psychothérapie, électroconvulsivothérapie) restent inefficaces, laissant place à une maladie chronique et invalidante.
Avec cette levée, Sonomind dispose des moyens de produire des preuves cliniques robustes et de structurer une filière industrielle en France. La startup s’inscrit dans une vague de deeptech françaises portées par France 2030, qui mobilise des financements publics pour des technologies de rupture à fort impact social et économique. Les prochains mois diront si le dispositif peut tenir ses promesses sur des cohortes élargies et franchir les seuils d’efficacité exigés par les autorités sanitaires européennes et américaines.
Sonomind et les ultrasons contre la dépression : les faits
- Sonomind lève 20 millions d'euros en série A, menée par Critical Path Ventures et Bpifrance
- La startup cible la dépression résistante, qui touche 30 à 50 % des patients
- Essais cliniques randomisés prévus dès 2026, autorisation visée en 2029
- Technologie issue de 25 ans de recherche Inserm/ESPCI/CNRS
- Prix Marcel Dassault 2025 reçu pour l'innovation en santé mentale
- Potentiel d'extension à Parkinson, addictions, AVC, douleurs chroniques
Sources
4 sources · 6 faits vérifiés

