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Captage du CO2 : une « batterie » réduit l’énergie nécessaire, mais la technologie reste expérimentale

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Une équipe de chercheurs a mis au point un dispositif électrochimique capable d’extraire le CO2 de l’air en utilisant un fonctionnement proche de celui d’une batterie. Publiée le 22 septembre 2026, l’étude montre une consommation électrique d’environ 0,8 MWh par tonne de CO2 captée sur le dispositif testé.

Cette technologie ne constitue pas encore une solution industrielle disponible en France. Elle apporte toutefois une nouvelle piste au captage direct du CO2 dans l’air, un procédé aujourd’hui pénalisé notamment par ses besoins énergétiques. Les chercheurs cherchent ici à éviter une partie des étapes de chauffage utilisées par certaines techniques de captage.

En 30 secondes
  • Des chercheurs ont développé un dispositif électrochimique qui capture le CO2 de l'air en consommant 0,8 MWh par tonne.
  • La technologie fonctionne comme une batterie réversible avec des électrodes en hydroxyde de nickel.
  • Le prototype a été testé 5 000 heures, mais aucun déploiement industriel n'est annoncé en France pour l'instant.

Une cellule au nickel qui déplace le CO2

Le système étudié repose sur des électrodes en hydroxyde de nickel et une membrane échangeuse d’ions. À la cathode, des ions hydroxyde permettent de transformer le CO2 en carbonate ou bicarbonate. Ces composés traversent ensuite la membrane avant de libérer à nouveau du CO2 de l’autre côté de la cellule.

L’intérêt du procédé tient notamment à son fonctionnement réversible : en inversant la tension électrique, les deux électrodes échangent leurs rôles. Les chercheurs décrivent ainsi une cellule symétrique qui transporte le carbone d’un côté à l’autre du dispositif plutôt qu’une batterie destinée à stocker de l’électricité.

Ce résultat porte sur un prototype et ne permet donc pas, à lui seul, de connaître la consommation d'une future installation industrielle.

Des essais pendant 5 000 heures et un premier changement d’échelle

L’étude publiée dans Nature Energy porte notamment sur une cellule de 25 cm² exploitée pendant 5 000 heures. L’équipe a également construit un empilement de neuf cellules de 300 cm² chacune, afin de vérifier que le principe pouvait fonctionner sur un dispositif plus grand.

Sur cet équipement expérimental, la consommation électrique rapportée par les chercheurs atteint environ 0,8 MWh par tonne de CO2 captée. Ce résultat porte sur un prototype et ne permet donc pas, à lui seul, de connaître la consommation d’une future installation industrielle.

Pas encore de déploiement annoncé en France

À ce stade, aucun déploiement de cette technologie particulière n’est annoncé en France. Elle relève du captage direct dans l’air, ou DAC, qu’il faut distinguer du captage du CO2 directement dans les fumées d’une usine.

La France développe surtout une filière de captage, transport, utilisation et stockage du carbone pour traiter certaines émissions industrielles résiduelles. Le ministère de la Transition écologique détaille cette stratégie française de capture, valorisation et stockage du carbone. En février 2026, l’État a également réuni le premier comité de pilotage national consacré au déploiement de la stratégie CCUS.

Le captage reste un levier ciblé dans la stratégie française

Usine avec tuyauteries métalliques et équipements industriels sous ciel nuageux
Le captage du CO2 s'inscrit comme un outil complémentaire aux réductions d'émissions directes dans la politique climatique française. — Photo : Brett Sayles / Pexels

L’ADEME rappelle dans son avis publié le 27 août 2026 que le captage et le stockage doivent principalement répondre aux émissions résiduelles difficiles à supprimer autrement. L’agence souligne aussi les contraintes techniques et économiques qui pèsent encore sur le déploiement de ces solutions.

La nouvelle cellule au nickel doit donc être considérée pour ce qu’elle est aujourd’hui : une technologie expérimentale dont les performances ont été démontrées en laboratoire et sur un petit empilement de cellules. Son intérêt industriel, son coût réel à grande échelle et son éventuelle utilisation en France devront être établis par des démonstrateurs beaucoup plus importants.

Questions fréquentes

En quoi cette technologie diffère-t-elle des méthodes de captage du CO2 existantes ?

Elle évite une partie des étapes de chauffage utilisées par certaines techniques de captage actuelles. Le système repose sur un fonctionnement réversible : en inversant la tension électrique, les deux électrodes échangent leurs rôles, ce qui permet de transporter le carbone d’un côté à l’autre du dispositif plutôt que de stocker de l’électricité.

Pourquoi cette technologie n'est-elle pas encore prête pour un déploiement industriel ?

C’est une technologie expérimentale dont les performances ont été démontrées en laboratoire et sur un petit empilement de cellules. Son intérêt industriel, son coût réel à grande échelle et son éventuelle utilisation en France devront être établis par des démonstrateurs beaucoup plus importants.

Comment s'inscrit ce captage direct dans la stratégie française du carbone ?

La France développe surtout une filière de captage, transport, utilisation et stockage du carbone pour traiter les émissions industrielles résiduelles. Le captage doit principalement répondre aux émissions difficiles à supprimer autrement, et cette technologie de captage direct dans l’air (DAC) doit être distinguée du captage du CO2 dans les fumées d’usine.

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Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.