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Doom tourne désormais dans une base SQL : ce projet insolite montre jusqu’où peut aller une base de données

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Un développeur est parvenu à faire exécuter une grande partie de Doom par une base de données relationnelle. Baptisé SQLDoom, le projet détourne SQL de son usage habituel pour gérer l’état du jeu, sa logique et même produire les images affichées à l’écran.

Présentée début octobre 2026 par le développeur Lukas Vogel, cette expérimentation n’annonce ni un nouveau jeu commercial ni une technologie destinée au grand public en France. Elle illustre surtout la capacité d’un moteur de base de données moderne à effectuer des traitements bien plus complexes que le simple stockage d’informations.

En 30 secondes
  • SQLDoom exécute le jeu Doom principalement via une base de données SQL avec 1 300 lignes de code réparties en 89 expressions.
  • Le projet atteint 60 images par seconde en 640 × 480 pixels sur un ordinateur portable équipé d'un Ryzen 7.
  • Cette démonstration illustre comment les propriétés des bases de données peuvent gérer des contraintes de jeux multijoueurs.

Le jeu Doom transformé en tables et en requêtes SQL

Dans SQLDoom, les éléments qui composent les niveaux de Doom (géométrie, objets et état du jeu notamment) sont organisés dans des tables. La logique nécessaire à leur traitement repose ensuite sur environ 1 300 lignes de SQL réparties entre 89 expressions de table communes.

Le système peut produire des images en couleur en 640 × 480 pixels. Selon les performances communiquées par son concepteur, l’expérimentation a atteint environ 60 images par seconde sur un ordinateur portable équipé d’un processeur Ryzen 7, avec des baisses à environ 35 images par seconde dans certaines scènes chargées. Ces valeurs sont celles annoncées pour cette démonstration technique et ne constituent pas un test indépendant.

Tout ne fonctionne toutefois pas dans SQL. Un petit programme Python prend notamment en charge les entrées et sorties, le rythme du jeu et l’affichage à l’écran. Il serait donc inexact de présenter SQLDoom comme une version de Doom fonctionnant exclusivement dans une base de données.

Des requêtes déterminent notamment quels éléments du décor doivent être affichés et participent à la génération de chaque image.

Pourquoi cette démonstration intéresse les développeurs

Deux développeuses collaborant sur du code informatique à l'écran
Les démonstrations techniques comme Doom dans une base SQL captivent la communauté des développeurs en montrant les limites créatives des technologies. — Photo : Christina Morillo / Pexels

SQL sert normalement à interroger et manipuler les informations contenues dans des bases de données relationnelles. SQLDoom pousse volontairement ce principe à l’extrême : des requêtes déterminent notamment quels éléments du décor doivent être affichés et participent à la génération de chaque image.

L’intérêt est essentiellement expérimental. Le projet montre notamment comment des propriétés classiques d’un système de gestion de base de données, comme les transactions, la gestion des accès ou la cohérence d’un état partagé, peuvent être détournées pour gérer certaines contraintes d’un jeu multijoueur.

Il ne faut donc pas en déduire que les entreprises françaises vont commencer à exécuter leurs applications graphiques dans leurs bases SQL. Pour les professionnels, le choix d’une architecture doit au contraire être effectué en fonction des données et des traitements réellement nécessaires. La CNIL consacre un guide aux bonnes pratiques destinées aux équipes de développement, notamment au choix de l’architecture et à la sécurisation des environnements.

Une base SQL reste avant tout un composant sensible à protéger

L’expérience n’introduit aucune nouvelle règle en France. Elle rappelle néanmoins qu’une base relationnelle est un composant logiciel capable d’exécuter des traitements et dont les droits d’accès doivent être strictement contrôlés.

Dans ses recommandations destinées aux professionnels, l’ANSSI préconise notamment de maintenir à jour le logiciel de gestion de la base, d’appliquer le principe du moindre privilège et de limiter les droits des utilisateurs au strict nécessaire. Ces recommandations sont regroupées dans son guide consacré aux bases de données relationnelles.

La CNIL recommande également, pour les bases exposées à Internet, de restreindre au maximum les accès et de se prémunir contre les injections SQL. Elle détaille ces mesures dans sa fiche officielle sur la sécurisation des sites, applications et serveurs. Pour les traitements de données personnelles, son guide de la sécurité des données personnelles rappelle les mesures à mettre en œuvre pour respecter les exigences du RGPD.

Ce que les utilisateurs français doivent retenir

SQLDoom reste une démonstration de programmation et n’entraîne aucun changement de réglementation, de démarche ou de sécurité pour les particuliers en France. Son intérêt tient à la prouesse technique : montrer qu’en organisant différemment les données et les calculs, un outil conçu pour interroger des bases relationnelles peut aller jusqu’à participer au fonctionnement et au rendu d’un jeu vidéo en temps réel.

Questions fréquentes

Pourquoi SQLDoom n'est-il pas un véritable jeu exécuté exclusivement dans SQL ?

Un petit programme Python prend en charge les entrées et sorties, le rythme du jeu et l’affichage à l’écran. Il serait donc inexact de présenter SQLDoom comme une version de Doom fonctionnant exclusivement dans une base de données.

Quel intérêt présente cette expérimentation pour les professionnels ?

Le projet montre comment des propriétés classiques d’un système de gestion de base de données, comme les transactions, la gestion des accès ou la cohérence d’un état partagé, peuvent être détournées pour gérer certaines contraintes d’un jeu multijoueur. Il ne faut pas en déduire que les entreprises vont commencer à exécuter leurs applications graphiques dans leurs bases SQL.

Quels risques de sécurité rappelle cette démonstration ?

Elle rappelle qu’une base relationnelle est un composant logiciel capable d’exécuter des traitements et dont les droits d’accès doivent être strictement contrôlés. L’ANSSI préconise de maintenir le logiciel à jour, d’appliquer le principe du moindre privilège et de limiter les droits des utilisateurs au strict nécessaire.

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Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.