OpenAI va intégrer dans les prochaines semaines un filigrane invisible à certains textes produits par ChatGPT et Codex dans l’Union européenne, donc en France. Cette mesure répond aux obligations de transparence de l’AI Act applicables depuis le 2 août 2026.
Pour l’utilisateur, aucun logo ni mention « généré par IA » ne doit apparaître automatiquement dans le texte. OpenAI utilise un procédé baptisé textGrain qui agit sur les choix de mots du modèle afin de créer un signal statistique détectable. L’entreprise prévient toutefois que ce dispositif ne permet ni d’identifier l’utilisateur ni de prouver avec certitude qu’un texte est humain ou artificiel.
- OpenAI déploie un filigrane invisible textGrain sur les textes de ChatGPT en France d'ici quelques semaines.
- Le signal statistique persiste lors d'un copier-coller mais ne survit pas aux modifications massives du texte.
- Le détecteur ne révèle ni l'identité de l'utilisateur ni la propriété du contenu généré.
Un filigrane invisible prévu pour ChatGPT en France
OpenAI a annoncé le 5 octobre 2026 que les sorties textuelles éligibles de ChatGPT et Codex seraient progressivement filigranées dans l’Union européenne, sur toutes les formules. Le déploiement doit intervenir « dans les prochaines semaines », sans calendrier plus précis annoncé à ce stade.
La mesure découle de l’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle. Celui-ci impose aux fournisseurs de systèmes générant du texte, des images, de l’audio ou de la vidéo de rendre leurs productions détectables comme artificiellement générées ou manipulées, au moyen d’un format lisible par machine, dans la mesure où cela est techniquement possible.
Ces obligations de transparence sont en vigueur depuis le 2 août 2026. La Commission européenne précise leur champ d’application et a également publié un code de bonnes pratiques destiné à faciliter leur mise en œuvre.
Le remplacement de 10 % des mots par des synonymes faisait passer la détection d'environ 92 % à 66 %.
Copier-coller un texte ne fera pas apparaître de signe visible

Le fonctionnement de textGrain est différent d’un filigrane apposé sur une photographie. Il ne repose pas sur des caractères cachés, des espaces invisibles ou une mention ajoutée à la réponse. Le système modifie légèrement les probabilités utilisées par le modèle pour choisir ses mots ou morceaux de mots. L’accumulation de ces choix forme ensuite un motif statistique.
Un simple copier-coller conserve donc en principe ce signal puisqu’il fait partie du texte lui-même. Mais il ne constitue pas une preuve absolue. Selon les explications techniques publiées par OpenAI, les textes courts sont notamment plus difficiles à détecter et des modifications peuvent fortement affaiblir le signal.
OpenAI indique ainsi que, dans l’une de ses évaluations sur des passages de 400 tokens en anglais, le remplacement de 10 % des mots par des synonymes faisait passer la détection d’environ 92 % à 66 %. Avec 25 % des mots remplacés, elle tombait à 17 %. Il s’agit de résultats de tests d’OpenAI, et non d’un taux garanti pour tous les textes produits par ChatGPT.
Le détecteur ne permettra pas de savoir qui a utilisé ChatGPT
Le filigrane ne contient pas l’identité de la personne qui a interrogé ChatGPT. D’après OpenAI, une détection positive peut indiquer qu’un de ses systèmes a généré ou traité une partie du passage, mais elle ne permet pas de retrouver un compte, une conversation ou le prompt utilisé.
Elle ne permet pas davantage de mesurer la part exacte du travail humain, d’établir la propriété du texte ou de vérifier son exactitude. À l’inverse, l’absence de filigrane détecté ne prouve pas qu’un texte a été écrit par une personne : une modification, une traduction, un texte trop court ou l’utilisation d’un autre outil peuvent empêcher la détection.
Le détecteur textGrain ne sera d’ailleurs pas accessible librement lors du lancement. OpenAI prévoit dans un premier temps de réserver son accès à des chercheurs et organismes spécialisés approuvés.
Publier un texte généré par IA peut entraîner une obligation distincte
Il faut distinguer le marquage technique effectué par le fournisseur d’IA de l’obligation de transparence pouvant peser sur celui qui utilise le contenu. L’AI Act prévoit notamment une information du public pour certains textes générés ou manipulés par IA et publiés afin d’informer sur des sujets d’intérêt public.
Cette obligation connaît toutefois une exception importante lorsque le contenu a fait l’objet d’un processus de contrôle humain ou éditorial et qu’une personne physique ou morale assume la responsabilité éditoriale de sa publication. Le code européen sur la transparence des contenus générés par IA détaille la mise en œuvre de ces règles.
Pour un particulier utilisant ChatGPT en France, le changement le plus immédiat sera donc largement invisible : les réponses concernées intégreront progressivement un signal technique. Ce filigrane ne permettra pas à lui seul d’attribuer un texte à une personne et ne doit pas être interprété comme une preuve certaine de son auteur.
Questions fréquentes
Pourquoi OpenAI implémente-t-il ce filigrane maintenant ?
Cette mesure répond aux obligations de transparence de l’AI Act applicables depuis le 2 août 2026, notamment l’article 50 du règlement européen qui impose aux fournisseurs de rendre détectables les productions textuelles artificiellement générées.
Le filigrane disparaît-il si je modifie le texte après l'avoir copié ?
Le signal peut s’affaiblir fortement. Selon les tests d’OpenAI, remplacer 25 % des mots par des synonymes fait chuter la détection à 17 %. Les textes courts sont aussi plus difficiles à détecter.
Dois-je informer mes lecteurs si je publie du contenu généré par ChatGPT ?
Cela dépend du contexte. L’AI Act impose une information du public pour certains textes générés et publiés sur des sujets d’intérêt public, sauf si le contenu a fait l’objet d’un contrôle éditorial et qu’une personne assume la responsabilité éditoriale de sa publication.

