Un traitement anticancéreux peut perdre son efficacité lorsque les cellules tumorales trouvent d’autres moyens de survivre. Une équipe du Baylor College of Medicine a mis au point une molécule expérimentale, CS18, qui a rendu des cellules de cancer du poumon résistantes de nouveau sensibles à un médicament. Ces résultats restent précliniques : ils ne démontrent pas une efficacité chez les patients.
- CS18, une molécule expérimentale, rend les cellules cancéreuses résistantes de nouveau sensibles à l'osimertinib.
- Les tests en laboratoire et chez l'animal montrent un ralentissement de la croissance des tumeurs sans toxicité majeure.
- Cette découverte reste préclinique et ne change pas les traitements actuellement disponibles pour les patients.
Des cellules résistantes redeviennent sensibles
Les chercheurs ont associé CS18 à l’osimertinib, un traitement utilisé contre certains cancers du poumon. Dans leurs expériences, l’ajout de la nouvelle molécule a augmenté la mort de cellules qui résistaient déjà à l’osimertinib. CS18 a également renforcé l’effet d’inhibiteurs de PARP, une autre famille de médicaments anticancéreux.
Dans des modèles animaux, l’équipe a observé un ralentissement de la croissance des tumeurs, sans perte de poids majeure ni autre signe notable de toxicité rapporté dans l’étude. Ce résultat encourage la poursuite des recherches, mais ne permet pas de prévoir la réponse d’une personne traitée pour un cancer.
Pourquoi cette molécule intéresse les chercheurs
CS18 agit sur une partie d’une protéine appelée TopBP1. Celle-ci participe à plusieurs mécanismes dont les cellules cancéreuses peuvent tirer parti pour se multiplier, réparer leur ADN ou résister à un traitement. En perturbant ce point de contrôle, la molécule a réduit l’activité de plusieurs voies favorables à leur survie.
Les effets ont été observés sur des cellules issues de plusieurs types de cancers, notamment du sein triple négatif, de l’ovaire, du poumon et de certaines leucémies. Cette diversité ne signifie toutefois pas que CS18 fonctionnerait contre tous ces cancers chez l’être humain.
Une piste de recherche, pas un traitement disponible
Publiée dans Science Advances, l’étude propose surtout une stratégie : associer une molécule ciblant les mécanismes de résistance à des traitements existants. Il reste à établir si CS18 peut être administré sans danger et s’il apporte un bénéfice lors d’essais chez l’humain.
À retenir : CS18 a donné des résultats encourageants en laboratoire et chez l’animal, notamment face à des cellules résistantes à l’osimertinib. Pour les patients en France, cette découverte ne change pas les traitements actuellement disponibles ; toute question sur une résistance au traitement doit être discutée avec l’équipe d’oncologie.
Questions fréquentes
Comment CS18 parvient-il à restaurer la sensibilité des cellules résistantes ?
CS18 agit sur une protéine appelée TopBP1, dont les cellules cancéreuses exploitent normalement plusieurs mécanismes pour se multiplier, réparer leur ADN ou résister à un traitement. En perturbant ce point de contrôle, la molécule réduit l’activité de plusieurs voies favorables à leur survie.
Pourquoi les résultats chez l'animal n'indiquent-ils pas comment les patients réagiront au traitement ?
Les résultats précliniques observés en modèles animaux, bien qu’encourageants, ne permettent pas de prévoir la réponse d’une personne traitée pour un cancer. Il reste à établir si CS18 peut être administré sans danger et s’il apporte un bénéfice lors d’essais chez l’humain.

