Actualités France18 détecteurs refroidis à -183 °C : Roman active sa caméra de...

18 détecteurs refroidis à -183 °C : Roman active sa caméra de 300 mégapixels dans l’espace

Date:

Le télescope spatial Nancy-Grace-Roman vient de franchir une étape décisive : la NASA a réussi à mettre en service sa caméra infrarouge de 300 mégapixels. Son coronographe, conçu pour isoler la faible lumière de planètes extrasolaires, répond également comme prévu.

Ces vérifications se poursuivent pendant le voyage de l’observatoire vers le point de Lagrange L2, situé à environ 1,6 million de kilomètres. Roman doit y préparer de vastes relevés du ciel avec une finesse d’image comparable à celle de Hubble.

En 30 secondes
  • La caméra infrarouge de Roman compte 300 mégapixels et fonctionne à -183 °C.
  • Chaque image couvre une zone plus grande que la pleine Lune avec une grande précision.
  • Les premières images scientifiques sont attendues début 2027.

Une seule image couvrira plus que la pleine Lune

L’instrument principal, baptisé Wide Field Instrument ou WFI, associe un champ d’observation particulièrement large à une grande précision. Chaque cliché couvrira une portion du ciel plus étendue que la taille apparente de la pleine Lune, tout en conservant un niveau de détail digne des grands télescopes spatiaux.

Cette combinaison doit permettre aux astronomes de réaliser rapidement d’immenses relevés. Les observations serviront notamment à étudier les exoplanètes, la répartition de la matière dans l’Univers et l’énigme de l’énergie sombre. Les données pourront aussi alimenter de nombreux autres travaux scientifiques.

Chaque cliché couvrira une portion du ciel plus étendue que la taille apparente de la pleine Lune, tout en conservant un niveau de détail digne des grands télescopes spatiaux.

Dix jours de séchage avant le grand froid

Champ rural avec balles de foin sous ciel dégagé
Le processus de préparation des instruments spatiaux requiert des étapes minutieuses avant leur mise en service. — Photo : Nikolett Emmert / Pexels

La mise sous tension n’a pas été immédiate. L’instrument a d’abord passé dix jours en phase de séchage et de décontamination, tandis que ses capteurs étaient maintenus à -65 °C.

Le 11 septembre, les ingénieurs ont coupé le chauffage du WFI pour laisser sa température descendre à -143 °C. Ils ont alors pu activer ses 18 détecteurs infrarouges, dont la surface photosensible cumulée est comparable à celle d’un écran d’ordinateur portable. Le refroidissement s’est ensuite poursuivi jusqu’à la température de fonctionnement visée, proche de -183 °C.

L’équipe a également mis en route le dispositif d’étalonnage et transmis des données de test vers la Terre. La roue contenant les filtres, les prismes et d’autres éléments optiques a été manipulée pour la première fois en l’absence de gravité. Le mécanisme de mise au point a lui aussi été contrôlé.

Un coronographe pour distinguer des planètes près des étoiles

Roman embarque un second instrument consacré à l’imagerie directe des mondes lointains. Son coronographe réunit des masques, des capteurs, des composants optiques et des miroirs déformables afin de réduire l’éclat aveuglant des étoiles. L’objectif est de rendre perceptible la lumière beaucoup plus faible réfléchie par les planètes qui les entourent.

Depuis le sol, les équipes ont vérifié les communications avec les principales composantes du système : logiciels, caméras, mécanismes, avionique et régulation thermique. Elles peuvent notamment commander à distance le déplacement des masques, lentilles, filtres et prismes.

Contrairement aux détecteurs du WFI, la majeure partie du coronographe fonctionne près de la température ambiante, à environ 22 °C. Une phase de décontamination de 30 jours doit encore débarrasser ses surfaces d’éventuelles traces d’eau ou de substances chimiques.

Ce qu’il faut retenir

Les premiers contrôles montrent que la caméra principale fonctionne comme prévu et que le coronographe peut être piloté depuis la Terre. Les essais et réglages vont continuer pendant plusieurs mois. Si le calendrier est respecté, la NASA prévoit de publier les premières images scientifiques de Roman au début de 2027 : c’est cette prochaine étape qu’il faudra désormais surveiller.

Questions fréquentes

Pourquoi le WFI doit-il être refroidi à -183 °C ?

Les 18 détecteurs infrarouges de l’instrument ont besoin de cette température extrêmement basse pour fonctionner correctement et détecter les faibles rayonnements infrarouges des objets spatiaux lointains.

Comment le coronographe permet-il de voir des exoplanètes autour des étoiles ?

Il utilise des masques, des capteurs, des composants optiques et des miroirs déformables pour réduire l’éclat aveuglant des étoiles et rendre visible la lumière beaucoup plus faible réfléchie par les planètes qui les entourent.

Combien de temps faudra-t-il avant les premières observations scientifiques ?

Si le calendrier est respecté, la NASA prévoit de publier les premières images scientifiques de Roman au début de 2027, après plusieurs mois d’essais et de réglages en cours.

Sur le meme sujet

Deux millisecondes pour voir le son « sauter » : une première qui ouvre de nouvelles voies quantiques

Pour la première fois, des chercheurs de l’université Stanford...

Huit heures au lit peuvent ne pas suffire : la caféine perturberait la récupération cérébrale nocturne

Boire du café n’empêche pas nécessairement de s’endormir. Pourtant,...

Moins de 0,5 mm et trois fonctions : cet implant cérébral souple agit à plusieurs profondeurs du cerveau

Une fibre de moins d’un demi-millimètre de diamètre peut...

Les plus lus

Environ 770 euros, cinq modèles et dix ans de mises à jour : Google lance ses premiers Googlebook

Google passe à l’offensive sur le marché des ordinateurs...

Naval Group face à ThyssenKrupp et au Brésil pour trois sous-marins argentins à 2,2 milliards

Le contrat des trois sous-marins pour Buenos Aires, estimé...
Derniers articles
Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine Rives scrute tout ce qui pèse ou allège le budget des ménages français. Prix des courses, énergie, carburant, banque, assurances, abonnements, salaires, impôts et taxes : il part toujours d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, de combien et ce qu'on peut concrètement faire — économiser, changer, réclamer. Direct et sans jargon, il remet les montants en perspective à partir de sources françaises.