Le comité de suivi de l’indice des prix vient de publier ses chiffres pour le printemps 2026, et la facture grimpe encore. Dans l’archipel, le coût de la vie a augmenté de 2,52 % au deuxième trimestre, portant la hausse sur un an à 3,63 %. Pour les ménages de Saint-Pierre-et-Miquelon, déjà confrontés à des prix structurellement plus élevés qu’en métropole, l’inflation ne ralentit pas.
La flambée la plus spectaculaire concerne le chauffage : le fioul domestique livré par camion-citerne affiche une hausse de 43,48 % sur le trimestre. Concrètement, le litre est passé de 79 centimes à 99 centimes d’euros. Une augmentation brutale, qui fait suite à la révision des prix des carburants actée le 30 mai dernier. Le gazole et l’essence extra ont suivi la même trajectoire.
Les carburants et lubrifiants pour véhicules personnels n’ont pas été épargnés : ils affichent une progression de 18,42 %. Pour un archipel où la voiture reste indispensable au quotidien, la note se fait sentir à chaque plein.
Les fruits et l’eau minérale en tête de l’alimentaire
Du côté des rayons alimentaires, l’augmentation est plus modérée mais réelle : 1,65 % sur l’ensemble de la branche alimentation, boissons et tabac. Les fruits connaissent la plus forte hausse, avec une progression de 5,02 %[1]. Légumes, sucre et chocolat suivent à 3 %. L’eau minérale, produit de base, grimpe de 2,19 %.
Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte déjà tendu : une étude de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer publiée en mars 2026 rappelait que l’écart de prix sur l’alimentation avec l’Hexagone atteignait 70 %. Les forfaits téléphone et Internet, eux, coûtent 164 % de plus qu’en métropole[1]. Un surcoût structurel lié à l’éloignement, à l’étroitesse du marché et à la dépendance aux importations, notamment canadiennes.
Le dollar canadien, seul point de respiration
Une seule donnée apporte un peu d’air : le cours moyen mensuel du dollar canadien a baissé de 1,96 % au deuxième trimestre 2026. Une évolution qui peut alléger marginalement la facture d’importation pour les produits venant de Terre-Neuve-et-Labrador, dont dépend une grande partie de l’approvisionnement de l’archipel.
Mais cette baisse ne compense pas la tendance générale. Entre 2012 et 2024, les prix ont progressé de 34,7 % à Saint-Pierre-et-Miquelon, contre 21,5 % sur l’ensemble de la France[3]. Et entre 2018 et 2024, l’inflation cumulée (23,7 %) a dépassé la hausse des revenus moyens déclarés (19,8 %)[5]. Résultat : le pouvoir d’achat se contracte.
Un comité de suivi, des leviers à trouver
Le comité de suivi de l’indice des prix, qui publie ces données trimestrielles, réunit Ludivine Quédinet, cheffe du pôle coordination des politiques publiques à la direction des politiques publiques interministérielles et de l’ancrage territorial (DPPAT), Delphine Dagort, présidente de la CACIMA, Catherine Dodeman, conseillère du CESE, ainsi que Donald Castaing, personnalité qualifiée.
Ces chiffres constituent une base d’analyse pour les décideurs publics. Les causes du surcoût sont connues : le poids des stocks de précaution, les frais de virement élevés avec le Canada, les charges financières et de personnel plus lourdes pour les entreprises locales[3]. Mais les leviers d’action, eux, restent à construire. Pour les habitants de l’archipel, la question n’est plus seulement comptable : c’est celle du quotidien, du plein de carburant, du panier de courses, de la facture de chauffage en hiver.
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés

