Quatre syndicats ont signé vendredi 12 juin 2026 un accord avec la direction d’Airbus sur la prime de participation, écartant toute menace de grève dans les usines françaises.
FO, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC ont paraphé le texte. L’accord est valable un an : de nouvelles négociations s’ouvriront dès 2027.
Le conflit couvait depuis mai, quand la direction avait annoncé une prime de participation moyenne de 2 057 euros, soit une baisse de 54 % par rapport à l’exercice précédent. Motif invoqué : un taux de change euro/dollar défavorable. L’explication avait déclenché des débrayages spontanés à Toulouse, Nantes et Méaulte, dans des usines où Airbus venait pourtant d’afficher un bénéfice net de 5,2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 23 %.
Trois mesures actées : taux de change, plafond supprimé, 500 euros versés
L’accord repose sur trois piliers. Le taux de change euro/dollar sera désormais neutralisé dans le calcul de la participation : c’était la revendication centrale des syndicats depuis l’ouverture des négociations le 18 mai. Le plafonnement des versements d’intéressement et de participation, en place depuis 2012, est supprimé. Et une prime exceptionnelle de 500 euros sera versée à l’ensemble du personnel du groupe en France.
“Ces 500 euros correspondent au différentiel sur les trois dernières années de ce que les salariés auraient perçu si l’euro/dollar avait été neutralisé”, précise Françoise Vallin, coordinatrice CFE-CGC du groupe Airbus. La direction chiffre l’effort total à 27 millions d’euros supplémentaires distribués aux salariés. [1]
Une formule de calcul simplifiée, FO satisfait
L’autre changement structurel tient à la formule elle-même. Avant l’accord, la prime de participation reposait sur sept paramètres. Désormais, un seul critère entre en jeu : le résultat d’exploitation. Force ouvrière, syndicat majoritaire chez Airbus, s’en félicite. “La participation doit être liée au résultat de notre travail, à la valeur créée par les salariés, pas à des mécanismes financiers incompréhensibles pour la majorité d’entre nous”, indique FO.
C’est précisément ce syndicat qui avait fixé la dernière séance de négociation au 8 juin, rappelant qu’il réunirait ses instances avant toute signature. La semaine suivante, l’accord était bouclé.
Un texte provisoire, renégocié dès l’an prochain
La durée limitée à un an de l’accord n’est pas anodine. Elle laisse entiers les débats de fond sur la gouvernance sociale chez l’avionneur : comment calculer une prime juste quand les résultats financiers atteignent des sommets et que le pouvoir d’achat des salariés reste soumis aux aléas monétaires ? La direction s’était engagée dès le 18 mai à réfléchir à un mécanisme de neutralisation du taux de change pour les primes futures. L’accord du 12 juin concrétise cet engagement, mais pour un cycle seulement.
Sources
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