Thales accélère sa montée en puissance industrielle et déploie le service de navigation sécurisé Galileo PRS sur les véhicules de l’armée de Terre, en collaboration avec Eviden.
L’électronicien de défense porte ses investissements industriels à 830 millions d’euros cette année, en hausse de plus de 40 % depuis 2024. L’objectif : raccourcir les délais de livraison sur sept programmes stratégiques, du radar à la défense aérienne, en passant par les sonars et les communications militaires. Une partie de cet effort finance l’intégration du service public réglementé de Galileo, le système de positionnement européen, au sein des systèmes de navigation embarqués à bord des véhicules terrestres.
Le service Galileo PRS, pour Public Regulated Service, offre un signal crypté, réservé aux forces armées et aux services d’urgence. Face aux menaces de brouillage et de leurre GPS, notamment dans les théâtres d’opération où les capacités de guerre électronique se généralisent, ce mode sécurisé devient un prérequis pour les déplacements tactiques. Eviden, filiale d’Atos, fournit les modules d’intégration qui lient ce signal à l’architecture des véhicules de combat. Thales en assure l’industrialisation et le déploiement opérationnel.
830 millions d’investissement et sept axes prioritaires
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De 2024 à 2026, les dépenses d’investissement du groupe ont grimpé de 40 %[1]. Sept domaines concentrent les moyens : surveillance aérienne, défense aérienne, effecteurs, sonars, communications militaires. Les sites concernés se situent en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni. L’effort porte autant sur la modernisation des chaînes existantes que sur l’agrandissement des capacités de test et d’intégration.
| Indicateur | 2024 | 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Investissements industriels défense | ~590 M€ | 830-850 M€ | +40 % |
| Recrutements mondiaux (dont 70 % en Europe) | 8 000+ | 9 000+ | — |
| Domaines prioritaires | Radars, défense aérienne, sonars, communications, effecteurs | ||
Source : Thales Group
Le groupe recrute plus de 9 000 personnes dans le monde cette année[2], dont 70 % en Europe. Un rythme soutenu depuis cinq ans : Thales a recruté au moins 8 000 collaborateurs chaque année pour accompagner la croissance de ses marchés porteurs. Cette accélération industrielle répond à la demande européenne en équipements militaires, amplifiée par les hausses budgétaires en Allemagne, en Pologne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
Galileo PRS, réponse au brouillage GPS

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L’intégration du service Galileo PRS au système de navigation embarqué marque une nouvelle étape dans la sécurisation des déplacements tactiques. Le signal GPS commercial reste vulnérable aux brouilleurs à bas coût, déployés depuis plusieurs années en zones de conflit. Le signal PRS, crypté et accessible uniquement aux utilisateurs autorisés, réduit drastiquement cette surface d’attaque.
Eviden fournit les modules de réception et de traitement du signal. Thales assure l’intégration au sein de l’architecture du véhicule, la gestion des clés de chiffrement et la liaison avec les autres systèmes de bord : communication, identification ami-ennemi, gestion de mission. L’ensemble doit fonctionner en environnement dégradé, sans dépendance à une infrastructure au sol.
La France dispose depuis plusieurs années de récepteurs compatibles Galileo PRS dans certains systèmes aéronautiques et navals. L’extension aux plateformes terrestres élargit la couverture et réduit la dépendance aux signaux américains, russes ou chinois. Le calendrier de déploiement n’a pas été précisé, mais l’industrialisation est en cours sur plusieurs sites européens.
Pourquoi Thales monte en puissance sur la défense européenne
Un partenariat avec Renault pour un prototype de véhicule militaire
En parallèle, Thales s’est associé à Renault pour développer un véhicule militaire baptisé 4 TROOP[5]. Le prototype a été présenté au salon Eurosatory, près de Paris. Renault apporte son expertise industrielle et sa capacité de production à grande échelle, Thales fournit les systèmes de communication sécurisée embarqués.
L’objectif du partenariat : produire un véhicule multi-missions à coût optimal et dans des délais courts. Renault s’est dit prêt à répondre à une commande de production dès le début de l’année 2027. Le projet s’inscrit dans l’offensive du constructeur sur le secteur de la défense, alors que plusieurs pays européens renforcent leurs flottes de véhicules tactiques légers et moyens.
Un effort d’investissement qui dépasse la moyenne européenne

La hausse de 40 % des dépenses d’investissement de Thales depuis 2024 dépasse largement la moyenne des groupes de défense européens. À titre de comparaison, l’Allemagne prévoit de porter ses dépenses de défense et de sécurité à 167,8 milliards d’euros en 2029, contre 66,8 milliards en 2024, soit une hausse de 150 % sur cinq ans. Mais cette enveloppe concerne l’ensemble du budget du ministère allemand de la Défense, pas les investissements industriels d’un seul groupe.
Thales, premier acteur mondial en défense aérienne avancée et dans les technologies radar, sonar et optronique, équipe plus de 70 forces armées à travers le monde. Le groupe a lancé début 2026 la plateforme SkyDefender, système de défense aérienne multi-domaines construit sur une architecture ouverte et modulaire. L’objectif : s’intégrer facilement aux défenses existantes et évoluer à mesure que les menaces se diversifient.
L’industriel a également conclu cette année un contrat-cadre majeur avec l’Allemagne, renforçant ses capacités industrielles locales. Il a par ailleurs noué un partenariat stratégique avec le ministère néerlandais de la Défense pour développer la production et les capacités de test de systèmes radar aux Pays-Bas.
La montée en puissance industrielle de Thales illustre l’adaptation du secteur au contexte géopolitique actuel et aux ambitions européennes de renforcement des capacités de défense. L’intégration du service Galileo PRS sur les véhicules de l’armée de Terre, menée avec Eviden, s’inscrit dans cette dynamique : elle répond à un besoin opérationnel précis, tout en valorisant une infrastructure européenne indépendante.
Thales et Galileo PRS : les chiffres de l'accélération 2026
- Thales porte ses investissements industriels défense à 830 M€ en 2026, +40 % vs 2024
- Intégration du service Galileo PRS (signal crypté) aux véhicules de l'armée de Terre, avec Eviden
- 9 000 recrutements mondiaux prévus en 2026, dont 70 % en Europe
- Partenariat Renault-Thales pour un prototype de véhicule militaire 4 TROOP, livrable dès 2027
- Sept domaines prioritaires : radars, défense aérienne, effecteurs, sonars, communications
- Sites concernés : France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

