Deux séismes en 39 secondes, 58 000 bâtiments abîmés ou détruits, et des habitants contraints de creuser les décombres à mains nues : le Venezuela compte ses morts.
Les images parlent d’elles-mêmes. Prises avant et après les deux secousses du 24 juin 2026, les captures satellites montrent ce qu’aucun communiqué officiel ne peut résumer : des tours affaissées sur elles-mêmes, des quartiers résidentiels en bord de mer où aucune façade ne semble avoir tenu, des fissures profondes qui traversent le tarmac de l’aéroport. Certains petits immeubles ont été projetés les uns contre les autres. D’autres penchent dangereusement, menaçant de s’effondrer à la moindre réplique.
« Les gens ont peur, bien sûr, car de nombreux bâtiments sont instables. Ils ont l’impression qu’ils pourraient s’effondrer à tout moment », témoigne un habitant.
39 secondes entre deux catastrophes
Le premier séisme frappe le 24 juin 2026 à 18h04 UTC, à 21,9 km de profondeur, avec une magnitude de 7,2. Trente-neuf secondes plus tard, une seconde secousse de magnitude 7,5 ébranle la même zone, à seulement 10 km sous la surface. Les deux épicentres sont localisés près de San Felipe, dans l’État d’Yaracuy, à 200 km à l’ouest de Caracas. C’est le séisme le plus puissant à frapper le Venezuela depuis 1900.[3]
La secousse a été ressentie jusqu’à Bogotá, en Colombie, à plus de 1 000 km de l’épicentre. La zone côtière de La Guaira et de Catia La Mar a subi les dégâts les plus lourds : des quartiers entiers de résidences balnéaires se sont effondrés. Selon une estimation préliminaire, plus de 58 000 bâtiments auraient été abîmés ou détruits.[1]
| Paramètre | 1er séisme | 2e séisme |
|---|---|---|
| Heure (UTC) | 18h04 min 33s | 18h05 min 12s |
| Magnitude | Mw 7,2 | Mw 7,5 |
| Profondeur | 21,9 km | 10 km |
| Intensité maximale | VIII (échelle de Mercalli) | |
| Épicentre | San Felipe, État d’Yaracuy | |
Source : Wikipédia, Séismes de 2026 au Venezuela
Un bilan humain qui s’alourdit chaque jour

Le bilan provisoire dépasse désormais 1 700 morts, selon La Presse.[5] Plus de 3 000 blessés ont été recensés et au moins 50 000 personnes seraient portées disparues. Jorge Rodriguez, responsable vénézuélien, a fait état de 609 répliques depuis la tragédie du 24 juin. Lundi matin, une nouvelle secousse de magnitude 4,6 a encore ébranlé Caracas et La Guaira. « Nous l’avons tous sentie. La panique a été horrible », a confié Fernan Hernandez, 57 ans, dont le frère José René est enseveli sous un immeuble de cinq étages à La Guaira.
Sur le port de La Guaira, des habitants attendent de pouvoir identifier le corps de leurs proches, quelques fleurs à la main, souvent sans aucune aide. « J’ai dû dégager ma mère des décombres, tout seul, à mains nues, avec des masses, avec des pioches. C’était un jour de désespoir », confie un habitant, le regard abattu.
L’ONU prévient que des milliers de personnes pourraient très vite manquer de nourriture et d’abri.[2]
Pourquoi la catastrophe vénézuélienne dépasse le bilan officiel
Colère contre les militaires, secours à la traîne
La détresse se mêle à la fureur. Dans les rues de Caraballeda, un homme a interpellé directement des militaires : « Pourquoi vous avez apporté des armes ? Vous auriez dû apporter une pelle, une pioche. Cet uniforme, c’est pour défendre la patrie, pour défendre le pays… Le pays, il est là ! Il a besoin de vous ! »
Les habitants dénoncent depuis plusieurs jours l’attitude du gouvernement et de l’armée, accusés de ralentir les opérations de secours. Sur des images de drones de l’AFPTV, on voit des quartiers entiers où aucun immeuble n’a résisté, avec des équipes de secours qui s’activent pendant que les proches de disparus scrutent les décombres en silence.
Des moyens internationaux sont arrivés sur place : des membres du 7e régiment français d’entraînement et d’intervention en matière de sécurité civile ont effectué des reconnaissances dans des bâtiments endommagés à Catia La Mar le 29 juin. L’USS Fort Lauderdale, navire amphibie américain de transport de troupes et de matériel, est ancré au large de la cité balnéaire.
Un sauvetage miraculeux cinq jours après

Le 29 juin au soir, un enfant de trois ans a été sorti vivant des gravats, cinq jours après les premières secousses. La nouvelle a suscité une immense émotion dans un pays où les équipes de secours savent que les chances de retrouver des survivants s’effacent généralement après 72 heures. Les opérations se poursuivent malgré tout, entre espoir tenace et épuisement des sauveteurs face à l’ampleur du désastre.
Séismes Venezuela 2026 : chiffres clés du désastre
- Deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026, à 39 secondes d'intervalle.
- Plus de 58 000 bâtiments auraient été abîmés ou détruits selon une estimation préliminaire.
- Le bilan provisoire dépasse 1 700 morts et 50 000 disparus.
- 609 répliques ont été enregistrées depuis les premières secousses.
- Un enfant de 3 ans a été sorti vivant des décombres cinq jours après le séisme.
- L'ONU alerte sur un risque de manque de nourriture et d'abri pour des milliers d'habitants.
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
