La NASA a sélectionné PRIMA pour poursuivre son développement, avec un lancement visé en 2033. La France occupe une place importante dans cette mission d’astronomie : le CNES pilote la réalisation de PRIMAger, l’un des deux instruments scientifiques du futur observatoire.
L’annonce américaine du 23 septembre 2026 marque une étape décisive, mais pas encore l’autorisation définitive de construire et lancer l’observatoire. PRIMA entre en phase B, consacrée notamment à la conception préliminaire et au développement technologique. Une nouvelle revue devra confirmer que le projet peut passer à sa phase de réalisation.
- La NASA valide PRIMA, un télescope infrarouge de 1,8 mètre destiné au lancement en 2033.
- Le CNES pilote PRIMAger, l'un des deux instruments scientifiques de cette mission.
- Le projet entre en phase B de conception préliminaire, mais attend une nouvelle revue avant la construction.
Un télescope de 1,8 mètre destiné à l’Univers froid
PRIMA, pour PRobe far-Infrared Mission for Astrophysics, sera le premier représentant de la nouvelle catégorie « Probe Explorers » de la NASA. Selon le communiqué officiel de la NASA sur la sélection de PRIMA, son coût de projet sera plafonné, s’il est confirmé, à 1,2 milliard de dollars, hors lancement et autres coûts extérieurs au projet. Sa mission scientifique nominale est prévue pour cinq ans.
L’observatoire disposera d’un miroir de 1,8 mètre de diamètre refroidi à 4,5 kelvins. Il observera l’infrarouge lointain, un domaine particulièrement adapté à l’étude des régions froides ou masquées par la poussière. PRIMA doit notamment aider les chercheurs à comprendre la formation des systèmes planétaires, le transport de l’eau dans les disques protoplanétaires, l’évolution des galaxies et celle des trous noirs supermassifs.
Après son lancement, l’observatoire doit rejoindre le point de Lagrange L2 du système Soleil-Terre, à environ 1,5 million de kilomètres de notre planète. Le dossier de mission PRIMA publié par le CNES précise que 75 % du temps d’observation doit être ouvert à la communauté scientifique internationale.
La France fournira l’imageur PRIMAger

Pour la France, l’enjeu est concret. Le communiqué du CNES consacré au feu vert donné à PRIMA indique que le pays fait partie des principaux contributeurs internationaux de la mission. Le CNES pilote un consortium européen chargé de fournir au Jet Propulsion Laboratory américain l’instrument PRIMAger.
Cette caméra thermique combinera imagerie hyperspectrale et polarimétrie. Le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, rattaché au CNRS, intervient notamment sur l’architecture optique et mécanique ainsi que sur l’intégration de l’instrument. Le CEA prend en charge des travaux liés à son architecture thermique et aux moyens d’essais cryogéniques. L’institut néerlandais SRON et l’Université de Cardiff participent également au développement de PRIMAger.
Le second instrument, le spectromètre FIRESS, relève du Jet Propulsion Laboratory. Les deux équipements doivent fonctionner avec des détecteurs refroidis jusqu’à environ 100 millikelvins, soit extrêmement près du zéro absolu.
Le lancement en 2033 reste un objectif
Le calendrier doit donc être lu avec prudence. 2033 est actuellement la date de lancement visée, et non une date définitivement garantie. La NASA précise que PRIMA devra encore franchir une revue de confirmation portant notamment sur ses performances techniques, son calendrier et ses coûts avant de pouvoir entrer en phase C.
La sélection de septembre 2026 sécurise néanmoins une étape majeure : PRIMA n’est plus seulement un concept étudié parmi plusieurs candidats. Le projet poursuit officiellement son développement, tandis que la contribution française à PRIMAger entre dans cette nouvelle phase. Les prochaines revues de la NASA détermineront si l’observatoire peut respecter son objectif de lancement en 2033.
Questions fréquentes
Quel est le rôle exact de la France dans la mission PRIMA ?
Le CNES pilote un consortium européen chargé de fournir PRIMAger, une caméra thermique combinant imagerie hyperspectrale et polarimétrie. Le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille intervient sur l’architecture optique et mécanique, tandis que le CEA gère l’architecture thermique et les essais cryogéniques.
Pourquoi PRIMA doit-il se positionner au point de Lagrange L2 ?
L’article n’explique pas directement pourquoi, mais précise que l’observatoire rejoindra le point L2 situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre après son lancement, où il observera l’infrarouge lointain adapté à l’étude des régions froides ou masquées par la poussière.
Quels obstacles peuvent encore repousser le lancement prévu en 2033 ?
PRIMA doit franchir une revue de confirmation portant notamment sur ses performances techniques, son calendrier et ses coûts avant d’entrer en phase C. 2033 reste une date visée mais non définitivement garantie.

