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La France imagine un navire de guerre de 8 000 tonnes avec plus de 100 missiles, un canon électromagnétique et un laser de 100 kilowatts

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Naval Group a dévoilé le 3 novembre 2026, pendant le salon Euronaval, un navire de combat qui n’existe que sur le papier.

Long de 170 mètres pour 8 000 tonnes, le concept ship SCX 26 aligne plus de cent silos de missiles, un canon électromagnétique, un laser de 100 kilowatts et un hangar à drones à l’arrière. Il ne correspond à aucune commande, et c’est précisément son intérêt.

Un exercice de prospective, pas un programme

Le groupe naval français est explicite sur le statut de l’objet. Un concept ship est un exercice de prospective qui permet d’explorer, à l’échelle d’un navire et de la flotte qui l’entoure, les technologies, architectures et modes d’action susceptibles de répondre aux futurs besoins des forces navales. Il ne préfigure pas nécessairement un programme à venir.

La présentation intervient pendant Euronaval, qui se tient du 3 au 6 novembre 2026 à Paris Nord Villepinte. L’argument affiché est celui du retour de la haute intensité et de l’émergence d’une guerre navale hybride : drones aériens, de surface et sous-marins, saturation des défenses, guerre électronique, menaces balistiques et hypervéloces.

Cent soixante-dix mètres pour trente nœuds

Les caractéristiques annoncées placent le SCX 26 entre la frégate et le destroyer. 170 mètres de long, un déplacement de 8 000 tonnes, une vitesse visée de 30 nœuds et un rayon d’action de plus de 8 000 milles nautiques, soit environ 14 800 kilomètres.

Pour comparaison, les frégates de défense et d’intervention livrées à la France, à la Grèce et à la Suède déplacent autour de 4 500 tonnes. Le concept double donc le tonnage sans changer de catégorie d’emploi, ce qui traduit un choix assumé : accepter un navire plus gros pour y loger davantage de munitions et de volume d’évolution.

Trappes fermées des silos de lancement vertical Sylver sur le pont d'un destroyer
Les trappes des silos de lancement vertical Sylver du destroyer italien Caio Duilio, en novembre 2009. Le concept de Naval Group en annonce plus de cent, réparties entre plusieurs classes de missiles. Photo : Causa83 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Plus de cent silos et un canon électromagnétique

La capacité missile principale comprend plus de 100 silos de lancement vertical de différentes classes, auxquels s’ajoute un canon électromagnétique à capacité de salves rapides. Naval Group justifie cette densité par le traitement des menaces à coût optimal et dans la durée.

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L’argument est financier autant que tactique. Intercepter un drone à quelques dizaines de milliers d’euros avec un missile à plusieurs millions constitue une impasse économique, que toutes les marines occidentales rencontrent depuis les opérations en mer Rouge. Le canon électromagnétique et le laser répondent à ce problème précis.

Le champ proche confié au laser

La lutte rapprochée associe deux lanceurs modulaires polyvalents Rampart et un laser de 100 kilowatts. Le navire embarque également des munitions téléopérées et une artillerie secondaire téléopérée à 360 degrés.

Côté détection, le concept aligne un radar UHF destiné à la défense antimissile balistique, une suite sonar complète pour la lutte sous la mer et des moyens de guerre électronique de haut niveau. L’architecture repose sur deux matures intégrées séparées par une flex zone, destinée à recevoir de nouvelles capacités sous forme modulaire au fil de la vie du bâtiment.

Canon électromagnétique installé sur une plateforme d'essai en plein air, tube pointé vers le ciel
Le canon électromagnétique financé par l’Office of Naval Research, sur le champ de tir de Dahlgren en Virginie, en janvier 2017. L’arme accélère ses projectiles à l’électricité et non par propulsion chimique. Photo : John F. Williams / Wikimedia Commons, domaine public

Un hangar à drones comme pièce maîtresse

L’arrière du navire est conçu autour d’une vaste mission bay, équipée de systèmes de levage intégrés et d’un ascenseur de grande envergure. Elle doit permettre d’embarquer, de maintenir, de déployer et de récupérer différents types de drones et d’hélicoptères selon la mission.

C’est la différence de fond avec une frégate classique. Le SCX 26 est pensé comme une plateforme ouverte de combat et de projection de systèmes, capable de faire évoluer rapidement la combinaison de drones embarqués : renseignement, surveillance, guerre électronique, lutte anti-sous-marine ou protection de force.

Cent cinquante marins, et cent places en réserve

L’équipage est dimensionné à 150 marins, avec une capacité supplémentaire de 100 places pour accueillir un état-major et du personnel spécialisé. Naval Group résume sa position sur l’automatisation en une phrase : « La technologie ne remplace pas l’équipage : elle lui donne de nouvelles capacités. »

Dans cet environnement numérisé, l’enjeu affiché est de permettre aux opérateurs de comprendre la situation et de décider plus vite, l’intelligence artificielle venant augmenter les capacités de l’équipage tandis que la décision opérationnelle reste humaine.

Ce que le concept ne dit pas

Aucun coût n’est avancé, ce qui est habituel pour un exercice de ce type. Le concept ne précise pas non plus le niveau de maturité du canon électromagnétique, technologie qu’aucune marine n’a encore déployée en service, ni la puissance électrique installée nécessaire pour alimenter simultanément un canon à rail, un laser de 100 kilowatts et un radar UHF. Rien n’est dit du système de propulsion retenu. Enfin, le document ne précise aucune échéance : la Marine nationale, dont le programme de frégates de premier rang est engagé jusqu’aux années 2040, n’a pas exprimé de besoin correspondant à ce calibre.

Sources :

  • Naval Group, « SCX 26 : notre concept ship face au combat de haute intensité et hybride », 3 novembre 2026
    https://www.naval-group.com/fr/actualites/scx-26-notre-concept-ship-face-au-combat-de-haute-intensite-et-hybride
    Donne les caractéristiques annoncées du concept, de la mission bay arrière au canon électromagnétique.
  • Naval Group, « Euronaval 2026 : Naval Group présente ses solutions pour faire face au combat de haute intensité », 2 novembre 2026
    https://www.naval-group.com/fr/actualites/euronaval-2026-naval-group-presente-ses-solutions-pour-faire-face-au-combat-de-haute
    Précise les dates du salon Euronaval et replace le concept dans la gamme de frégates FDI.

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