Dans les friches de Dijon, les jardins de Chalon-sur-Saône ou les hautes herbes de Besançon, un insecte fascine cet été : la mante religieuse. Avec ses pattes avant repliées comme en prière et ses yeux à facettes, elle n’est pas passée inaperçue. Mais cette année, elle est partout. Les fortes chaleurs qui ont marqué l’été ont créé des conditions idéales pour son développement, et les observations se multiplient dans toute la Bourgogne-Franche-Comté.
L’Observatoire de la faune de Bourgogne, géré par la SHNA-OFAB, l’a bien compris. Cet organisme lance en août 2026 une enquête participative pour cartographier la présence de la mante religieuse sur le territoire bourguignon. L’objectif est simple : mieux documenter la répartition de cet insecte dont la présence reste encore mal connue dans de nombreuses communes.
« La Mante religieuse (Mantis religiosa) est l’un des insectes les plus fascinants et les plus reconnaissables de notre faune. Pourtant, si elle est bien connue du grand public, sa répartition reste encore incomplètement documentée dans de nombreuses communes de Bourgogne », explique la SHNA-OFAB.
Un été caniculaire qui joue en faveur de l’insecte
Les températures élevées de cette année ont probablement « favorisé un développement plus précoce » de la mante religieuse, selon l’observatoire[1]. L’été se révèle être la période idéale pour l’observer dans les prairies, les friches, les jardins ou les hautes herbes. Et les habitants de la région ont été nombreux à croiser sa route.
Ce phénomène n’est pas propre à la Bourgogne. En Allemagne, plus de 15 000 signalements ont été enregistrés entre début juillet et la mi-août 2026 sur le site NABU-naturgucker.de, un nombre supérieur à celui de toute l’année précédente[3]. Les chercheurs allemands cherchent à comprendre si les populations du sud-ouest et de l’est du pays, autrefois séparées, vont finir par se rejoindre. Jusqu’ici, le nord était trop froid pour cet insecte qui aime la chaleur.
Comment participer depuis chez soi
Aucune connaissance particulière n’est nécessaire pour participer à l’enquête bourguignonne. Il suffit d’observer une mante religieuse, de noter le lieu précis de l’observation et de la transmettre via la plateforme Neomys Enquêtes. L’observatoire compte sur les habitants pour enrichir les données et affiner la cartographie régionale.
Pour ceux qui hésiteraient à identifier l’insecte, quelques indices : la mante religieuse mesure entre 6 et 8 centimètres de long, possède une tête triangulaire mobile reliée à un cou (contrairement aux sauterelles dont la tête est directement implantée sur le thorax), et peut être verte ou brune. Ses énormes yeux à facettes et ses pattes avant repliées la rendent difficilement confondable.
Aucun danger pour l’homme
Certains habitants peuvent être impressionnés par la taille de l’insecte ou par sa réputation de prédateur. Pourtant, la mante religieuse ne présente aucun danger pour l’être humain. Elle ne possède pas de venin et ne peut pas piquer[3]. Son cannibalisme sexuel, qui fascine de nombreux observateurs, ne concerne que les relations entre individus de son espèce.
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Avec le changement climatique et la succession de vagues de chaleur, la mante religieuse pourrait devenir un habitant de plus en plus courant des jardins et des parcs bourguignons. En Allemagne, les spécimens sont observés jusqu’en octobre. En Bourgogne, l’enquête de l’OFAB permettra de savoir si la tendance se confirme et si de nouvelles zones d’observation se dessinent sur le territoire.
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés

