Des cellules souches neurales humaines ont favorisé la réparation du cerveau de souris victimes d’un AVC. Les animaux ont retrouvé leurs capacités motrices, mais cette avancée reste strictement expérimentale et ne constitue pas encore un traitement destiné aux patients.
- Des cellules souches humaines implantées dans le cerveau de souris restaurent leur motricité après un AVC.
- La greffe est plus efficace une semaine après l'AVC qu'immédiatement après l'événement.
- Plusieurs obstacles majeurs subsistent avant d'envisager des essais chez l'être humain.
Des cellules humaines implantées dans la zone lésée
L’équipe de l’Université de Zurich a utilisé des cellules souches pluripotentes induites, obtenues en reprogrammant des cellules humaines ordinaires. Celles-ci ont ensuite été transformées en précurseurs capables de produire différents types de cellules du système nerveux.
Les chercheurs ont provoqué chez des souris un AVC permanent reproduisant certaines caractéristiques de la maladie humaine. Les animaux avaient été génétiquement modifiés afin d’éviter le rejet des cellules transplantées.
La greffe a été pratiquée directement dans la région cérébrale endommagée. Durant les cinq semaines d’observation, les cellules ont survécu et la plupart sont devenues des neurones. Elles ont également établi des communications avec les cellules nerveuses déjà présentes.
La transplantation s'est révélée plus efficace une semaine après l'AVC que lorsqu'elle était réalisée immédiatement.
La réparation ne concerne pas seulement les neurones

Les effets observés dépassent le simple remplacement de cellules détruites. La transplantation a aussi stimulé la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, atténué les réactions inflammatoires et amélioré l’intégrité de la barrière hémato-encéphalique, qui protège le tissu cérébral des substances circulant dans le sang.
Ces transformations biologiques se sont accompagnées d’un résultat fonctionnel : les troubles moteurs provoqués par l’AVC ont été inversés chez les souris traitées. Cette récupération a notamment été évaluée grâce à une analyse de leur démarche assistée par intelligence artificielle.
Attendre une semaine donnerait de meilleurs résultats
Une seconde étude menée par l’équipe apporte une précision importante sur le moment de l’intervention. La transplantation s’est révélée plus efficace une semaine après l’AVC que lorsqu’elle était réalisée immédiatement.
Ce délai pourrait faciliter une éventuelle application médicale, car la préparation du traitement ne devrait pas nécessairement intervenir pendant les toutes premières heures de l’urgence. Les chercheurs ont également produit les cellules sans réactifs d’origine animale, une précaution pensée pour leur possible utilisation future chez l’être humain.
Des obstacles majeurs avant les essais chez l’être humain

Cette approche n’a pour l’instant été testée que sur des animaux. Plusieurs difficultés doivent encore être résolues avant d’envisager un essai clinique contre les séquelles d’un AVC :
- empêcher une prolifération incontrôlée des cellules implantées ;
- sécuriser leur comportement à long terme dans le cerveau ;
- remplacer la greffe cérébrale par une méthode moins invasive ;
- confirmer que les bénéfices observés chez la souris peuvent être reproduits chez l’être humain.
L’équipe travaille notamment sur un dispositif de sécurité capable de bloquer la croissance des cellules et sur une injection endovasculaire, qui permettrait de les acheminer par les vaisseaux sanguins.
À retenir : cette expérience montre que des cellules souches humaines peuvent participer à plusieurs mécanismes de réparation après un AVC chez la souris et restaurer sa motricité. Elle ouvre une piste de recherche prometteuse, mais aucun traitement de ce type n’est actuellement disponible pour les patients et les soins d’urgence comme la rééducation restent indispensables.
Questions fréquentes
Pourquoi attendre une semaine avant de greffer les cellules souches ?
La transplantation s’est révélée plus efficace une semaine après l’AVC que lorsqu’elle était réalisée immédiatement. Ce délai faciliterait également une possible application médicale, car la préparation du traitement ne devrait pas nécessairement intervenir pendant les toutes premières heures de l’urgence.
Comment les chercheurs ont-ils évalué la récupération motrice chez les souris ?
La récupération motrice a notamment été évaluée grâce à une analyse de la démarche des souris assistée par intelligence artificielle.
Quels mécanismes de réparation ont été observés au-delà du remplacement cellulaire ?
La transplantation a stimulé la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, atténué les réactions inflammatoires et amélioré l’intégrité de la barrière hémato-encéphalique.

